Retour à Whitechapel – Michel Moatti

Retour_à_Whitechapel-Michel_MoattiJack l’éventreur est un personnage mythique, le 1er tueur en série retenu par l’histoire et dont l’identité reste un mystère. J’avoue qu’approfondir ce sujet m’a tenté. C’est finalement après avoir croisé l’auteur dans une librairie lilloise lors d’une grande soirée enquête #ApparitionAuFuret, que j’ai sorti son livre Retour à Whitechapel qui trainait dans ma PAL depuis un moment.

Ce livre est un croisement entre un roman policier et un roman historique basé sur des faits réels. Pour le côté roman policier, l’auteur a inventé le personnage d’Amelia Pritlowe, infirmière travaillant au London Hospital pendant le Blitz. Elle apprend à la mort de son père que sa mère était Mary Jane Kelly, la cinquième et dernière victime de Jack l’Éventreur. Dès lors, Amélia, âgée de 2 ans lors du meurtre, va se pencher sur cette affaire et va se lancer dans la traque du meurtrier en plongeant dans les archives de la Filebox Society, une société de riperrites passionnés. Du côté des faits reéls, l’auteur nous faire revivre chacun des meurtres de Jack l’éventreur. Ces derniers sont entrecoupés des coupures de presses, de témoignages sur les derniers faits et gestes de la victimes Mary Jane et d’autres documents que trouve Amélia à la Filebox society et qu’elle retranscrit dans son journal d’enquête. Tous ces documents sont authentiques et cette société fait même écho à une association de passionnés de jack l’éventreur sur le net que l’auteur a grandement consulté.

C’est un roman assez particulier, parce que dès le départ on sait qu’il y a eu cinq meurtres, on connait à l’avance les victimes et les dates des meurtres. Il n’y a donc pas d’énormes rebondissements et le récit de l’enquête d’Amélia ne crée pas de réel suspense ou tension. Même si le sujet m’intéressait, l’équilibre entre le romanesque et la vérité historique ne m’a pas convenu. J’ai grandement peiné dans ma lecture, d’où mon silence sur le blog ces derniers temps. Je ne me suis ni attachée à notre héroïne ni passionnée pour sa vie car on la suit quasi exclusivement dans son enquête. Heureusement, les passages sur la vie dans le quartier de Whitechapel et dans Miller’s Court où fut sauvagement assassinée Mary Jane en 1888 sont eux tout à fait passionnants. L’auteur nous offre une plongée dans l’atmosphère des bas fonds de Londres de la fin du 19ème. Il parvient à nous immerger avec brio dans la misère sociale de ce quartier qui baigne dans la violence et l’alcool et décrit avec force et justesse la vie des victimes et de leur entourage.

Dans la dernière partie du roman, l’auteur se livre et nous explique l’origine des indices qu’il a disséminés dans le livre pour guider Amélia. En effet, avant d’aboutir à l’écriture de son livre, il s’est passionné pour le sujet pendant 3 ans. C’est sa théorie sur l’identité du coupable qu’il cherche ici à nous présenter. Même si je n’ai pas vraiment adhéré à la méthode romanesque choisie par l’auteur pour amener son héroïne à identifier le coupable, j’ai bien suivi le fil et je n’étais vraiment pas loin de l’identité du coupable retenu par Mr Moatti. Il clôture son livre en étayant sa supposition de 10 arguments bien rationnels, que j’ai trouvés convaincants et bien observés. En conclusion, son important travail d’enquête et de documentation se ressent au travers du livre et fut très instructif pour moi qui ne connaissais que très peu le sujet. Donc, même si la lecture fut laborieuse, je ne la regrette pas. Depuis, l’auteur s’est aventuré plus loin dans la fiction et a remis en scène Amélia lors d’un second roman « Blackout baby », où elle enquête pendant le blitz.

432 pages, Ed. 10/18, Préface S. Durand-Souffland, 2015.

PS : Pour les curieux, les détails sur la soirée enquête « Apparition au Furet » organisée par le Furet du Nord (une librairie lilloise de 7 étages, vous imaginez le paradis) sont ici. Si vous aimez les énigmes, celles qui permettaient de gagner les places pour la soirée #ApparitionAuFuret sont bien ardues, allez donc y jeter un œil pour faire travailler vos méninges.

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