Station Eleven -Emily St. John Mandel

station_eleven-emily_st_john_mandel_frJe vous le dit tout de suite : les libraires québécois ne se sont pas trompés. « Station Eleven », le titre phare dans toutes librairies que j’ai croisées outre-atlantique,  mérite le voyage.

Je ne lis presque pas de science-fiction ou de romans typés post-apocalyptiques pourtant, j’en garde à chaque fois de très bons souvenirs comme avec Malevil de Robert Merle. Ici, Station Eleven confronte le monde civilisé que nous connaissons (avec tout le confort fourni par les moyens de transport et de communication ou l’électricité) avec les difficultés de la vie la vie d’une troupe de théâtre suite à une l’épidémie de grippe hautement contagieuse et foudroyante qui a terrassé la majeur partie de la population mondiale. La vie de ceux qui ont connu l’ancien monde illustre bien le précepte qui dit que l’on ne mesure ce que l’on avait que lorsqu’on l’a perdu. A l’inverse, la jeune génération peine à se représenter les concepts de télévision, d’internet, ou à s’imaginer les avions parvenant à décoller.

La construction habile du livre nous fait  naviguer sur plusieurs décennies. Dans le monde « d’après » nous suivons les aléas de la vie de la troupe de théâtre itinérante qui ne jure que par Shakespeare. Dans les retours dans le passé, l’auteur se focalise sur quelques personnages qui tous gravitent autour d’un évènement ayant eu lieu aux prémices de cette épidémie. Au fil des pages, les liens entre tous ces personnages apparaissent. En filigrane, nous assistons aussi à la création et à la diffusion d’une mystérieuse BD, qui est presque un personnage à part entière du livre et qui lui a inspiré son titre. Elle dépeint une vie future, à bord d’une station spatiale nommée « Station Eleven » qui s’est déréglée et où l’aube est perpétuelle. Dans ce monde post-apocalyptique, cette BD prend une dimension toute particulière.

Ce livre réuni de nombreux éléments : une trame plausible, une construction anachronique très bien maitrisée, une écriture très agréable et pleine de justesse. Il délivre une certaine dose de la foi en l’humanité et c’est ce soupçon d’optimisme associé à la part belle faite à l’art et à culture qui donne toute sa saveur à cette fresque post-apocalyptique. Bien que l’art et la culture contribuent à faire de l’homme un être civilisé, ces sujets ne sont pas fréquent dans ce type de littérature. J’admire la  prouesse de l’auteur de les avoir inséré d’aussi belle manière dans son livre. Vous l’aurez compris, j’ai beaucoup apprécié cette lecture qui illustre les facultés de l’homme à faire face à l’adversité et je termine avec la devise de la troupe « Parce que survivre ne suffit pas »  ! (Non, c’est n’est pas du Shakespeare, c’est du star trek  ;)).

480 pages, Ed. Rivages, Trad. G. de Chergé , août 2016.

 

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